La débauche... un mode de vie très britannique Peu de gens savent, aujourd'hui, combien l'Angleterre était un pays de délices érotiques et de fantasmagories sexuelles à l'époque georgienne, entre 1714 et 1837. Bien avant Austin Powers, la débauche allait bon train, nourrie par les beuveries très animées et l'amour du confort. «Il y avait au XVIIIe siècle une passion du vice sans équivalent avant ou après» écrit l'historien Fergus Linnane sur un ton de nostalgie palpable dans London: The Wicked City. La richesse d'un empire en expansion permettait à la classe aisée de céder complètement à ses fantasmes charnels. Et l'aspect le plus marquant de cette inclination fut l'explosion des «sex clubs» en Grande-Bretagne, où des débauchés, des libertins, des courtisanes et des aristocrates aventurières se déguisaient avec des costumes outrés pour des cérémonies perverses. Chaque club possédait ses propres accessoires, comme des verres érotiques, des broches lubriques, ou des urnes obscènes en forme de torses humains (les votes oui ou non allant dans des orifices différents). On y consommait des toasts égrillards, on y lisait les nouvelles publications grivoises et des jeunes femmes de passage y posaient nues sur les tables en dansant comme des stripteaseuses modernes. Des pièces spéciales permettaient aux membres de se retirer en paires ou en groupes et des mondaines pouvaient se détendre avec des escort boys. Les récits d'époque qui survivent suggèrent que certains clubs pimentaient leurs orgies avec un peu de satanisme, pendant que d'autres privilégiaient des rites élaborés de masturbation.